jeudi 18 juin 2009

Bristish Airways demande du belevolat

L’appel à l’aide aux employés leur demande de se porter volontaire pour une à quatre semaines de travail gratuit ou de congé sans solde.

British Airways a fait état le mois dernier d’une perte annuelle record.

Le directeur général de la compagnie, Willie Walsh, a indiqué que ce projet faisait partie du programme de réductions de coûts du transporteur. Il a d’ailleurs promis de travailler gratuitement en juillet, en compagnie du directeur financier, Keith Williams.

Les différents syndicats des employés du transporteur aérien ont très mal réagi à la proposition. Un porte parole de Unite, le plus gros syndicat de British Airways, a déclaré « Willie Walsh peut se permettre de travailler un mois gratuitement. Mais pas nos membres ».

La troisième plus grosse compagnie aérienne d’Europe, selon le chiffre d’affaires, a annoncé en mai une perte annuelle de 220M de livres sterling (260M Euros).

Obama renforce le pouvoir de la Fed

Le président Barack Obama a dévoilé mercredi un projet de réforme du système de réglementation financière, souhaitant que ce nouvel éventail de mesures permette de ramener la confiance dans l'opinion publique et empêche une répétition de la pire crise dont a été victime Wall Street en sept décennies.

Barack Obama Photo: Associated Press
Le projet défendu par le chef de la Maison-Blanche renforce les pouvoirs de surveillance de la Réserve fédérale -- la banque centrale américaine -- sur l'ensemble du système financier et prévoit la création d'une nouvelle agence destinée à protéger les consommateurs des abus qui ont joué un rôle important dans la crise actuelle.

Le président américain a souligné que son projet était «une révision radicale du système de régulation financière, une transformation à une échelle jamais vue depuis les réformes qui ont suivi la Grande Dépression» des années 1930.

Barack Obama a attribué la plupart des difficultés auxquelles sont confrontés les États-Unis «à une cascade d'erreurs et d'occasions manquées» au cours de plusieurs décennies.

Et il a une nouvelle fois pointé du doigt «une culture de l'irresponsabilité» ayant pris racine «de Wall Street à Washington».

Le projet de 88 pages avancé par l'administration va susciter un intense débat au Congrès, où des détracteurs l'accusent déjà d'imposer un trop grand nombre de restrictions qui nuiront à la compétitivité des entreprises financières américaines dans l'économie internationale.

En vertu de ce plan, la Réserve fédérale aurait un pouvoir de surveillance sur les holdings et les institutions financières si importantes qu'une défaillance de leur part pourrait saper le système financier américain. Ces nouveaux pouvoirs conférés à la banque centrale américaine s'accompagneraient cependant d'un abandon d'une partie de l'autorité bancaire de la Fed au profit d'une nouvelle agence de protection financière des consommateurs.

Nombre de banquiers s'opposent à une telle agence et de nombreux parlementaires s'inquiètent que la Réserve fédérale ne devienne trop puissante.

Travaillant au côté de la Fed, un nouveau Conseil surveillerait l'ensemble du système financier et aurait pour tâche d'empêcher l'effondrement inattendu d'institutions d'envergure comme ce qui s'est passé à l'automne dernier avec l'assureur AIG et Lehman Brothers, notamment engagé dans des activités de courtage.

Le projet de Barack Obama n'entre pas dans le débat en cours sur la question de savoir si certaines compagnies d'assurances devraient faire l'objet d'une surveillance fédérale.

Le chef de la Maison-Blanche souhaite que son plan, que va examiner le Congrès, devienne un texte législatif d'ici la fin de l'année, un projet ambitieux étant donné le fait qu'il pousse également les parlementaires à réformer le système de soins d'ici octobre.

mardi 2 juin 2009

GM se place sous la protection de la loi de la faillite

Le géant de l'automobile américain General Motors (GM) a commencé ce matin à faire les démarches nécessaires pour se placer sous la protection contre ses créanciers.

Plusieurs sociétés dans le giron du constructeur automobile bénéficieront de la protection du chapitre 11 du code américain de la faillite. Cette démarche entreprise devant un juge de New York changera à jamais le portrait de l’industrie automobile alors que le gouvernement américain deviendra propriétaire de GM à hauteur de 60%.

Barack Obama annoncera, lors d'une apparition peu avant midi à la Maison-Blanche, une aide supplémentaire de 30,1G$ US, soit beaucoup plus que pour Chrysler, placé lui aussi en faillite fin avril. Aucune autre aide du gouvernement ne serait prévue.

Immédiatement après le président américain, le PDG de GM Fritz Henderson a prévu de prendre la parole, lors d'une conférence de presse à New York, à 12h15.

Le gouvernement Harper prendrait une participation de 12,5% dans GM, sous forme d’un prêt de 9,5G$ US. Le premier ministre Stephen Harper doit faire une annonce conjointe avec son homologue ontarien Dalton McGuinty, cet après-midi, à 13h00. Ils seront accompagnés du ministre de l'Industrie, Tony Clement.

Les dettes de General Motors sont deux fois plus élevées que ses actifs. Au moment de demander la protection du tribunal, GM a déclaré que ses dettes se chiffraient à 172,81G$ et que son actif s’élevait à seulement 82,29G$.

Le géant déchu doit 22,8G$ à son principal créancier, Wilmington Trust Co., et 20,6G$ aux United Auto Workers (UAW), le syndicat qui représente les travailleurs de l'industrie automobile aux États-Unis. General Motors doit également 4,44G$ à la Deutsche Bank AG. Depuis 2004, GM a perdu environ 88G$ US.

Si la restructuration du constructeur automobile était couronnée de succès, GM serait alors une compagnie «light», allégée d'une bonne partie de sa dette, de ses salariés, de ses sites de fabrication et de ses concessionnaires. GM entend fermer 11 usines et cesser la production sur une base temporaire dans trois autres usines, mais en rouvrira une autre pour construire des petites voitures.

L’administration Obama n’a pas précisé combien d’emplois seront supprimés. Le fabricant a déjà affirmé que sa main-d'oeuvre devrait totaliser environ 40 000 travailleurs l’an prochain, comparativement à 61 000 à la fin de l’an dernier.

Le fabricant automobile espère lancer une nouvelle entreprise d'ici 60 à 90 jours. GM ne gardera que quatre de ses marques-phares, Chevrolet, Cadillac, Buick et GMC. «C'est un nouveau début, c'est une renaissance, c'est un nouveau General Motors», a déclaré dimanche le sénateur Carl Levin, tout en reconnaissant «beaucoup de douleur pour tout le monde».

GM a déjà reçu 20G$ US du Trésor américain. L'argent à venir proviendra de ce qu'il reste du fonds mis en place par le plan de sauvetage du secteur financier de 700 G$ US$ du gouvernement américain.

Les détenteurs d'obligation ont accepté dimanche d'échanger leurs obligations non garanties contre une participation de 10% au capital de la compagnie restructurée, et la possibilité d'accroître leur participation à 25% plus tard.